Juste pour me défouler, ce matin…
Je ne vais pas particulièrement mal, non… Je ne vais d’ailleurs jamais très mal. C’est juste ma vie qui m’échappe, ma vie qui est dictée par des angoisses, ma vie qui s’est fondue à mon agoraphobie, qui ne fait plus qu’un avec elle.
L’agoraphobie et aussi pour moi la peur de l’abandon sont bien plus que des symptômes, c’est un mode de vie.
Une vie où chaque déplacement est calculé, le moindre kilomètre, la moindre parcelle d’autoroute ou les heures de bouchons. Une vie organisée autour de toutes ses peurs, une vie sans vie. Une dépendance à mon entourage, la peur de la solitude, et de l’éloignement. Un “tournage en rond “usant et destructeur. Un genre de Truman Show mais sans caméra ni vedette.
Un périmètre de déplacement qui se limite à Paris et sa banlieue, Six ans sans voir la mer, la montagne, ou ne serait-ce que la campagne. Une vie où les gens que j’aime se marient ou meurent, sans moi auprès d’eux, car trop difficile de les rejoindre.
Un vie où peu à peu, je perds les gens que j’aime, lassés de me voir piétiner sans succès dans une cage que je me suis inventée.
Une vie bien triste pour une personne autrefois si gaie et aventureuse. Pas une vie finalement, de la survie…
La perte de la liberté, la perte de son identité, incapable de se projeter plus loin que ces quatre murs de ma prison.
Et aussi, une vie à mentir, à échapper à l’aveu trop difficile de sa folie. Une vie où il faut sans cesse trouver des excuses pour ne pas avouer. Une vie à raconter à ses proches que oui, on va mieux, alors que la douleur reste intact.
Une vie où l’on se demande si l’on tiendra encore longtemps à jouer cette sordide mascarade
Une vie où chaque jour, on se demande si on pourra à nouveau revivre, rêver, arrêter de décevoir, envisager de devenir maman, et de parcourir le monde.
Une vie dont nous seuls les seuls à avoir les clefs, mais où l’on ne parvient pas à ouvrir les portes.
Une vie de cauchemar qui dure depuis bien trop longtemps.