Et si finalement, ça n’allait jamais mieux… Si mes petits progrès n’étaient que des coups d’éclat ?
Si tout cela n’était que de la poudre de yeux… Un jour, on arrive à partir un peu plus loin. On est fiers, on essaie de penser qu’une étape est franchie, mais finalement, le lendemain, même la moitié du chemin vous semble impensable à faire.
Rien n’est jamais acquis, et c’est usant. J’en ai tellement assez de vivre en marge des autres, de passer à côté de l’essentiel, de décevoir, de vieillir sans prendre le temps de vivre, et de me gaver de médicaments, qui n’ont finalement, rien de bien miraculeux (si ce n’est de vous faire prendre 10 kilos)
J’en ai marre de mentir, de trouver des excuses pour éviter, de devoir chaque jour trouver un subterfuge qui me tirera d’affaire.
Je suis usée, fatiguée, désillusionnée. Je ne sais pas contre quoi je me bats, j’ignore ce qui me fait si peur dans le fait de me déplacer, de parcourir des kilomètres, et surtout, et ça, c’est le pire… Je ne peux m’empêcher de penser “Putain, mais c’est injuste ! Pourquoi moi ?” Quand je vois tous ces crétins qui circulent sans difficulté, voyagent, prenne l’avion, se baignent dans la mer, skient, je n’arrive pas à sortir de ma tête ce sentiment d’injustice. Mais également d’incompréhension, puisque la médecine se trouve finalement bien démunie face à ce trouble… Oui, les thérapies comportementales, oui, l’hypnose, les antidépresseurs… Mais je connais pas une personne qui soient réellement guérie. Alors oui, y’a des progrès, (waouh, je suis allée au bout d’la rue), mais les vraies guérisons, les rétablissements, les “c’est derrière soi”, ça existe ça ? Parce que moi, à travers internet, les forums, les témoignages, j’ai jamais entendu qqun dire que tout cela était fini ! Jamais… Parce que cette terreur que l’on a en soi, je pense pas qu’elle puisse disparaître comme ça.
Et il y a tous ceux qui vous ont fait souffrir, tous ceux à qui vous avez envie de dire que tout va mieux, que vous êtes guérie, juste pour leur clouer le bec… Juste pour qu’ils la ferment.
Aujourd’hui, je vis dans 30 km2, y’a deux c’était dans 5, mais je ne peux envisager d’attendre encore longtemps.
J’ai juste envie de vivre, et je n’y arrive pas.