Et si un jour … ?

janvier 23, 2009

Et si finalement, ça n’allait jamais mieux… Si mes petits progrès n’étaient que des coups d’éclat ?
Si tout cela n’était que de la poudre de yeux… Un jour, on arrive à partir un peu plus loin. On est fiers, on essaie de penser qu’une étape est franchie, mais finalement, le lendemain, même la moitié du chemin vous semble impensable à faire.
Rien n’est jamais acquis, et c’est usant. J’en ai tellement assez de vivre en marge des autres, de passer à côté de l’essentiel, de décevoir, de vieillir sans prendre le temps de vivre, et de me gaver de médicaments, qui n’ont finalement, rien de bien miraculeux (si ce n’est de vous faire prendre 10 kilos)
J’en ai marre de mentir, de trouver des excuses pour éviter, de devoir chaque jour trouver un subterfuge qui me tirera d’affaire.
Je suis usée, fatiguée, désillusionnée. Je ne sais pas contre quoi je me bats, j’ignore ce qui me fait si peur dans le fait de me déplacer, de parcourir des kilomètres, et surtout, et ça, c’est le pire… Je ne peux m’empêcher de penser “Putain, mais c’est injuste ! Pourquoi moi ?” Quand je vois tous ces crétins qui circulent sans difficulté, voyagent, prenne l’avion, se baignent dans la mer, skient, je n’arrive pas à sortir de ma tête ce sentiment d’injustice. Mais également d’incompréhension, puisque la médecine se trouve finalement bien démunie face à ce trouble… Oui, les thérapies comportementales, oui, l’hypnose, les antidépresseurs… Mais je connais pas une personne qui soient réellement guérie. Alors oui, y’a des progrès, (waouh, je suis allée au bout d’la rue), mais les vraies guérisons, les rétablissements, les “c’est derrière soi”, ça existe ça ? Parce que moi, à travers internet, les forums, les témoignages, j’ai jamais entendu qqun dire que tout cela était fini ! Jamais… Parce que cette terreur que l’on a en soi, je pense pas qu’elle puisse disparaître comme ça.

Et il y a tous ceux qui vous ont fait souffrir, tous ceux à qui vous avez envie de dire que tout va mieux, que vous êtes guérie, juste pour leur clouer le bec… Juste pour qu’ils la ferment. 

Aujourd’hui, je vis dans 30 km2, y’a deux c’était dans 5, mais je ne peux envisager d’attendre encore longtemps.
J’ai juste envie de vivre, et je n’y arrive pas.

… Et du venin dans la tête

janvier 20, 2009

Juste pour me défouler, ce matin…
Je ne vais pas particulièrement mal, non… Je ne vais d’ailleurs jamais très mal. C’est juste ma vie qui m’échappe, ma vie qui est dictée par des angoisses, ma vie qui s’est fondue à mon agoraphobie, qui ne fait plus qu’un avec elle.
L’agoraphobie et aussi pour moi la peur de l’abandon sont bien plus que des symptômes, c’est un mode de vie.
Une vie où chaque déplacement est calculé, le moindre kilomètre, la moindre parcelle d’autoroute ou les heures de bouchons. Une vie organisée autour de toutes ses peurs, une vie sans vie. Une dépendance à mon entourage, la peur de la solitude, et de l’éloignement. Un “tournage en rond “usant et destructeur.  Un genre de Truman Show mais sans caméra ni vedette.

Un périmètre de déplacement qui se limite à Paris et sa banlieue, Six ans sans voir la mer, la montagne, ou ne serait-ce que la campagne. Une vie où les gens que j’aime se marient ou meurent, sans moi auprès d’eux, car trop difficile de les rejoindre.
Un vie où peu à peu, je perds les gens que j’aime, lassés de me voir piétiner sans succès dans une cage que je me suis inventée.
Une vie bien triste pour une personne autrefois si gaie et aventureuse. Pas une vie finalement, de la survie…
La perte de la liberté, la perte de son identité, incapable de se projeter plus loin que ces quatre murs de ma prison. 
Et aussi, une vie à mentir, à échapper à l’aveu trop difficile de sa folie. Une vie où il faut sans cesse trouver des excuses pour ne pas avouer. Une vie à raconter à ses proches que oui, on va mieux, alors que la douleur reste intact.
Une vie où l’on se demande si l’on tiendra encore longtemps à jouer cette sordide mascarade

Une vie où chaque jour, on se demande si on pourra à nouveau revivre, rêver, arrêter de décevoir, envisager de devenir maman, et de parcourir le monde.

Une vie dont nous seuls les seuls à avoir les clefs, mais où l’on ne parvient pas à ouvrir les portes.
Une vie de cauchemar qui dure depuis bien trop longtemps.

Et une boule dans le ventre…

janvier 17, 2009

Brève présentation, la trentaine, parisienne, aucun signe distinctif si ce n’est un papillon tatoué sur la fesse.
Diariste ? Pas dans l’âme, non. Mais un besoin de me défouler, de craquer virtuellement pour éviter de le faire réellement.
Pas de solutions ici, pas de conseils, pas de vérités, juste un quotidien, celui d’une femme qui souffre, et qui ignore comment s’en sortir… Non, pas une dépression, même pas. Juste une boule dans le ventre en permanence, une angoisse profonde.
L’impression de ne pas savoir vivre, de ne pas avoir lu le mode d’emploi, l’impression de flotter comme un fantôme parmi les vivants, d’être une handicapée du bonheurs.

Un mot ? Agoraphobe. Des symptômes ? La terreur et l’impression de devenir folle. Des remèdes ? La confrontation, la rééducation et la ténacité.

Une vie ? où je passe à côté de tout, où je vieillis sans vivre et où je vis sans vieillir, paralysée par des peurs d’enfant, celle de l’abandon, de la séparation, et de la découverte d’un monde trop grand.


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